Numerama, Atos, Streisand – threesome

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Published on: 28 juin 2012

Il y a quelques jours, il y a eu une petite histoire rigolote.

 

Barbra Streisand
Hello, my name is STREISAND. Barbra Sreisand.

 

Le 21 juin dernier, Numerama publiait un article à propos de la sécurisation du vote par internet aux législatives de 2012.
L’objet de cet article était un fichier PDF décrivant l’infrastructure mise en place par Atos, pour l’hébergement de la solution de vote électronique.

A la publication de l’article, Paul Da Silva anticipait la réaction de l’entreprise sur Twitter en annonçant une probable tentative de censure.

Jackpot : le lendemain, Numerama recevait une mise en demeure.
L’article a été retiré, mais l’effet Streisand, lui, a rendu le fichier totalement impossible à censurer. Il existe des personnes dont la stupidité confine à l’infini. Pourtant, ces mecs bossent dans le numérique. Ils savent que ce qu’ils ont fait relève de la folie, et que ça déclenche forcément une réaction en chaîne qu’ils ne contrôlent pas.

Ils savent que ça attise la haine à leur égard, que ça fait un gros bad buzz, que ça se retournera contre eux en diversifiant les sources du fichier, que ça portera l’attention sur eux alors que personne n’était au courant avant…

Bon, toujours est-il que je me rattrape, et que je mets le fichier à disposition ici aussi.

Streisand it !

Du mensonge en politique… #asUsual

Il est des expériences qui, parfois, révèlent ce que tout le monde sait, sans forcément pouvoir le prouver.
C’est ce qu’il m’est récemment arrivé avec l’un de mes élus locaux, candidat aux dernières législatives qui viennent de s’achever.
Cet épisode m’ayant quelque peu agacé, et la personne concernée ayant vraisemblablement refusé toute discussion, je me suis dit que j’allais en faire un billet. Libre à lui de se défendre si jamais l’envie lui en prend. *poke*

 

Quatrième circonscription de l’Essonne, fief de NKM.

 

Installons le décor. Fin mai 2012, la campagne des législatives bat son plein.

Dans ma circo, on a le droit à une exposition médiatique un peu supérieure à la normale (mais unilatérale, l’opposant n’ayant pas accès aux mêmes médias; c’est beau, l’équité). C’est ici que se présente ‎Nathalie Kosciusko Morizet, pour accéder à la députation. Inutile de la présenter, donc.

Face à elle, Olivier Thomas, conseiller régional d’Île-de-France et maire PS de Marcoussis. Bon vivant, antiraciste, passionné de cinéma, œuvrant – entre autres – pour le développement de la culture à l’échelle locale, et plutôt accessible.

Bien évidemment, on passera les autres candidats sous silence. Le premier tour étant joué d’avance, comme c’est le cas dans une grande majorité de circonscriptions ( #asUsual ), inutile de s’attarder dessus. L’objet de cet article n’est pas une critique du bipartisme qui nous est imposé, véritable cancer de la représentativité gouvernementale, communément acceptée comme étant un système démocratique dont on ne saurait se passer. Avançons.

 

Le Parti Pirate et la charte ANTICOR

 

Ces élections législatives ont été l’occasion pour le Parti Pirate de se faire connaître et de se confronter à de premières élections nationales, en envoyant 101 candidats à l’assaut de l’Assemblée. Cette formation politique que je suivais depuis 2007 (date de l’histoire du Parti Pirate Canal Historique) a la particularité d’avoir demandé à ses candidats de s’engager à signer la charte Anticor, ainsi qu’à adhérer à l’association du même nom.

La charte Anticor (pdf), c’est un petit document magique. Un condensé d’engagements anti-corruption, pro-transparence et éthique de la vie politique.
Pour faire court, cette charte magique nous rappelle tout ce qu’un élu, représentant du peuple (à qui il a – normalement – des comptes à rendre), devrait faire le plus naturellement du monde.

Pour citer quelques exemples, Anticor impose : le non cumul des mandats dans le temps et l’espace, la transparence sur l’utilisation des indemnités parlementaires, ou encore la lutte contre le lobbyisme.
Je vous laisse lire le document dans son intégralité afin que vous puissiez apprécier tout son contenu.

 

Et pourquoi pas les autres ?

 

Constatant l’état piteux dans lequel se trouve notre (présentée comme telle) « belle démocratie », je me suis demandé si les autres candidats, ceux des gros partis, en faisaient autant.

Pour obtenir une réponse, je suis donc allé directement à la source. J’ai demandé publiquement, via Facebook et/ou Twitter,  aux trois candidats les plus accessibles, s’ils avaient signé la charte.
A savoir : NKM pour l’UMP, M. Serna pour EELV et M. Thomas pour le PS.

Les deux premiers, eux, n’ont pas répondu. Ce fût probablement la solution la plus « safe », mais pas la plus « couillue », si je puis me permettre.

Le seul à répondre a donc été M. Thomas… qui aurait probablement été plus inspiré de faire comme ses deux concurrents…

 

Ouh le vilain mensonge…

 

No comment.
Problème de vue, mauvais fichier ? #mystery

 

A cette réponse, plusieurs choses me passent par la tête :

  • « Merde ! Va falloir que je consulte un ophtalmo au plus vite, ça devient critique si je vois plus les mots correctement! »
  • « On n’a pas dû lire le même pdf, je crois… »
  • « Dafuq ? Le gouvernement socialiste aurait fait autant de réformes majeures en si peu de temps, sans majorité à l’Assemblée Nationale, et sans que je sois au courant !???? 😮 »

Après vérification (on sait jamais, mieux vaut être prudent), il s’avère que non : le cumul des mandats est toujours autorisé. De même que la transparence de la vie politique n’est pas une obligation légale pour un élu. Ou bien, que la lutte contre le lobbyisme n’est pas inscrit dans des textes de loi (corrigez-moi si je me trompe).
Admirez, tout de même la façon dont la question a été esquivée… Il l’a signée, la charte ? Compte-t-il le faire ? #onSaitPas
Le tout enrobé dans un petit mensonge, que dans un élan de bonté incommensurable, nous allons qualifier de « paresse ».

 

La réponse « kitue »

 

Après avoir expliqué que, non, Anticor ne propose pas de simplement respecter la loi…

 

No comment.
O’RLY ?

 

Je me suis senti gêné au moment de lire qu’il « l’avait déjà signée il y a quelques temps ».
De toute évidence, cumulant dans le temps (maire de Marcoussis depuis 2003) et dans l’espace (Maire + Conseiller Régional), il devait y avoir comme un problème…

Mais, admettons. Il est là question de signer la charte. Je salue la démarche, n’y croyant guère… gardons espoir !

Quelques jours plus tard, M. Thomas, via un courrier destiné à ses potentiels électeurs, a indiqué :

« Depuis quelques jours, certains d’entre vous m’interrogent pour savoir si je resterai Maire de Marcoussis en cas de victoire le 17 juin. Je m’y engage, car Marcoussis, vous le savez, est ma première passion. »

Désillusion. C’était donc faux. Pas de charte signée.
Tout ceci provoquant la réaction de quelques personnes y allant chacune de son petit mot, et n’ayant plus de réponse de l’intéressé, j’enfonce un peu le clou, et je taunt une nouvelle fois. Parce que bon, c’est pas beau de mentir, n’est-ce pas ?

Du coup, j’ai pris ma petite calculatrice (xcalc, ma copine), mes amis les z’internets, et donc, mon ami Google – mais via Ixquick, faut pas déconner !
Puis, je suis parti à la chasse. Relativement fructueuse.

J’en ai conclu qu’en cas d’élection aux législatives, en cumulant maire+conseiller régional+député, il y avait un potentiel « pactole » mensuel brut de 11 091,69 €.
Les données, provenant notamment de Wikipedia, étant à prendre avec la fiabilité qu’il se doit, et le calcul étant fait à l’arrache, n’en tirons pas trop de conclusions.

Cela nous donne néanmoins une idée de ce que pourrait être la réalité. On va pas chipoter pour quelques centaines.

 

Last step : rage quit

 

Mes multiples taunts auront fini par agacer, visiblement. Dans la demie heure, j’ai eu le droit à un long paragraphe très peu aéré (assez indigeste, de fait), qui sentait bon la sincérité et la franchise.

J’y apprends que je suis un « démago qui ne connaît pas les règles », que je me « prends pour un flic »,  que mes « ‘enquêtes’ sont limites »…

 

No comment.
Ah ! Un peu de franchise !

Suite à ce message, l’intéressé m’a banni de son compte facebook, et n’a plus jamais donné de nouvelles.
Pour un élu, réagir de la sorte face à un citoyen/électeur qui pose des questions légitimes, c’est moyen, un peu.

En attendant, je me demande toujours comment concilier un taff de maire qui prend 80h/semaine ( = presque 12h/jour, incluant le weekend), avec celui de député… si vous avez des idées, n’hésitez pas à les partager.

Je trouve ça dommage, de mentir. Répondre d’office comme il l’a fait à la fin, ça aurait fait gagner du temps, et ça n’aurait posé de problème à personne, j’imagine.
La majorité des électeurs est suffisamment formatée pour ne pas tenir compte de ce genre de choses. C’est tellement accessoire, vous comprenez…

 

Conclusion

 

L’histoire s’est terminée sur une victoire de NKM le 17 juin dernier. Chose que je ne peux que déplorer…
Oui, M. Thomas. On peut faire des critiques (qui ne sont d’ailleurs pas liées à votre personne, mais à quelque chose de plus global dont vous n’êtes pas spécialement responsable), sans pour autant être ennemi.

Ça semble choquer… et pourtant, il n’y a rien de plus sain, m’est avis. Le débat démocratique, #toussa…
A bon entendeur…
Plus d’infos sur Anticor :  anticor.org

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